Philosophie

La recherche de l’harmonie, du plaisir de l’oeil, de ce qui donne une émotion apaisante teintée de félicité, caractérise l’humanité et se retrouve dans la recherche esthétique de toute la chirurgie reconstructive. Pour Kant (critique de la faculté de juger-1790) la chose esthétique est une émotion universelle: “est beau ce qui plaît universellement sans concept.”

Plastique vient du grec Πλαστιϰὸς, former, c’est le nom qui était donné par les Grecs aux sculptures et aux représentations du corps humain. La chirurgie plastique est donc la chirurgie de la forme et des modifications du corps humain, elle englobe toutes les interventions que l’on peut effectuer dans le sens d’une amélioration des formes humaines quelle que soit la technique utilisée.

Si elle a toujours existé, la chirurgie plastique s’est développée dans le monde au début du 20e siècle grâce à la mise au point des techniques d’anesthésie et de l’asepsie. Il fallait que l’opération soit indolore et que les suites soient sans complication. Les deux facettes de cette spécialité , la chirurgie réparatrice et la chirurgie esthétique, se sont véritablement créées lors la première guerre mondiale avec la réparation des “gueules cassées” et durant “les années folles”. Les chirurgiens de l’époque ont inventé la base des techniques d’aujourd’hui pour reconstruire des visages, des mains et des seins; et aussi pour en améliorer l’aspect esthétique.

La chirurgie, au départ réalisée pour sauver des vies s’est aussi donné pour but de restaurer les fonctions et par là même, de restaurer les formes et l’aspect visuel des corps.

C’est bien de cette restauration des vivants qu’il s’agit lorsqu’on corrige une fente labio-palatine ou un nez cassé et dévié. Le vieillissement des tissus est une forme de dégradation que naturellement le médecin tente de soigner. Par exemple la fatigue du cœur va être traitée par des stimulants cardiaques, le relâchement de l’orifice aortique par la mise en place de nouvelles valves, actuellement à cœur fermé, afin de prolonger la vie.

L’opération de la cataracte, maladie du cristallin le plus souvent liée à l’âge est opérée depuis l’antiquité et aujourd’hui le cristallin est remplacé par un implant pour préserver la vue. En chirurgie reconstructive et esthétique nous réparons les trous de la peau faits par les cancers cutanés, redrapons la peau et les tissus distendus par le temps ou transférons des tissus pour reconstruire un sein. Si le besoin de reconstruction après un accident ou une maladie est compris de tous, celui de restaurer un visage vieilli ou de modifier un corps dysharmonieux est souvent critiqué.

Parce que nous sentons bien, au fond de nous, que d’opérer un corps sain est la porte ouverte à quelque chose que nous ne dominons pas, qui va au delà de l’humain : il s’agit soit d’un défi à la mort (traitement du vieillissement) soit d’un défi à la création (traitement d’une dysharmonie non pathologique).

Ces défis sont à la source d’histoires imaginaires pleines d’interdits dans les cultures occidentales et orientales. En Asie et en Amérique latine les histoires et les croyances sont différentes et on ne ressent pas le même sentiment de culpabilité lors des demandes de chirurgie esthétique. Cela signifie t-il qu’il peut ne pas y avoir de limite autre que technique dans la transformation de l’apparence humaine?

Le rôle du médecin chirurgien est de poser les limites, Hippocrate nous a montré le chemin et nous avons prêté serment. La médecine est un art, le chirurgien pratique cet art, ce n’est pas un artiste. Le médecin chirurgien esthétique étudie les beautés humaines, connaît les Quatre Livres d’Albert Dürer et les proportions de Léonard de Vinci, l’harmonie d’un visage et les fonctions du corps. Il n’est pas créateur, il est réparateur, reconstructeur, modificateur. Mon travail en tant que médecin et chirurgienne est de savoir analyser les demandes (écouter, questionner, se souvenir) , analyser les chairs et les os qui constituent les corps et les visages et de connaître les techniques médicales, chirurgicales, robotiques ou régénératrices qui ont prouvé leur efficacité. Connaître ne signifie pas savoir tout faire. Je ne fais plus de microchirurgie depuis longtemps mais j’en connais les indications et je confie mes cas à un médecin qui la pratique régulièrement.

Je fais ce qui est indiqué, je refuse les risques excessifs et je privilégie le naturel. Je crois que le but de ma spécialité est de permettre à chacun d’entre nous d’harmoniser son corps avec son esprit par un travail sur le corps. Le plus souvent mon travail apporte un réel apaisement, signe d’une parfaite adéquation entre le corps (modifié) et l’esprit. La personne est alors pour ainsi dire libérée -de son corps, de ce défaut qui la gène- et va pouvoir se consacrer pleinement à tous les autres aspects de sa vie. Cela est vrai aussi bien pour un défaut traité par une seule opération modelante (réduction des seins par exemple) que pour des petites anomalies récurrentes liées au vieillissement, traitées une à deux fois par an, que l’on me confie en se libérant l’esprit.

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